samedi 21 décembre 2013

Les Anges croquent du chocolat...




Les Anges croquent du chocolat...

      Je n’aime pas les amandes enrobées de chocolat avec de la poudre de cacao dessus. Je n’aime pas les fondues de chocolat avec des fruits. Je n’aime pas mélanger les sorbets avec de la glace au chocolat…

Je dois surement faire partie de ceux qui savent apprécier le chocolat... Le must noir. Mais aussi le praliné, à la pâte d’amande, ou de pistache. En palet fin, à la ganache noire, ferme et fondante. Au lait ou à la crème. Jamais blanc, ou très rarement en petite touche. Avec de la gelée de groseille, ou en cerises griottes au Rhum. A la nougatine, ou au fondant de sucre glacé. En orangettes bien sûr. En gâteau compact, crémeux, ou mousseux. En éclair ou en religieuse. En opéra ou en marbré. En barre dans un pain au chocolat bien feuilleté au beurre. Ou tout simplement dans un bon morceau de pain frais. C’est surement ce dernier que je préfère.

Et d’ailleurs, en poussant mon caddie pour faire mes courses de Noël, j’ai décidé d’opter pour la simplicité. Pour la table, il n’y a rein de meilleur que les bonnes choses authentiques et sans sophistications. Le reste n’est que fantaisie. 

Ce fut-là mon plaisir de ramener cette fête sacrée à l’essentiel. Probablement cette atmosphère de crise globale qui ne donne guère envie de  faire des folies dans ses assiettes. Je fais (hélas) partie, là encore, de ceux qui pensent à ceux qui ne peuvent  - malgré eux - apprécier le chocolat, ou toute autre gourmandise… même le jour de Noël.

J’envie parfois celles qui « narguent » le monde en conduisant leur Chevrolet, en passant les fêtes sous les tropiques, avec diamants et froufrous de soie, sans la moindre gêne, et sans scrupules. Celles qui doivent et savent se dire : « moi j’ai réussi donc j’en profite ! ». Car à mon simple niveau, moi, j’angoisse. Mon estomac me brule et mon esprit se perd dans la  tourmente, à l’idée qu’il y ait tant et tant de souffrance sur cette terre. Cela me rend triste, et plus particulièrement en ces jours de fêtes. C’est dans ces instants (un peu plus que d'habitude) que je me tourne vers le ciel pour quémander de la grâce. En me demandant (si à tout hasard) Dieu, les Anges, ou même les Astres, et bien entendu tous les Saints, pouvaient faire quelque chose pour atténuer les souffrances humaines…

Pourtant, malgré ce désarroi qui me ronge, et compte tenu de mon impuissance, je m’oblige à chasser cette mélancolie, ou culpabilité, car je me dois de donner des moments de bonheur à mes proches, de partager ces instants uniques qu’offrent ces fêtes, en créant toute la magie nécessaire, avec simplicité et amour.

Aujourd’hui, tous ces inconnus que j’ai croisés afférés à remplir leurs sacs, étaient là pour les mêmes raisons que moi. Beaucoup vivent ces fêtes depuis plusieurs décennies. Et chaque année pourtant, ils recommencent de la même façon. Le poids et le respect des traditions, et la motivation que donne l’euphorie par le monde entier, influent probablement sur le maintien de cette ferveur de la quête du bonheur, et c’est tant mieux. Cependant, leurs visages me paraissaient gris, leurs cheveux étaient blancs malgré leur teinture, leur dents étaient comme jaunies par le temps. Leurs vêtements étaient poussiéreux, leurs regards étaient vides. Ils formaient comme une masse terne. Était-ce là des gens heureux ? En principe. Mais, au-delà de cette sphère - aussi morose soit-elle -  je repense sans cesse à l'autre souffrance. Une autre. Plus rude. Celle de ceux qui ne peuvent s’offrir la magie de ces instants. Tous ceux qui vivent dans la marginalité. Dans la terreur. Dans la misère. Dans la souffrance absolue. Dans la violence. Dans la violence du monde, ou de la vie. De leur triste vie.

En observant ces confiseries étalées par centaines, je me suis imaginé qu’en mettant bout à bout toutes ces buches de Noël, industrielles ou artisanales, cacaotées ou vanillées, nous pourrions probablement entourer toute la terre. Tout comme en mettant bout à bout toutes les misères de ce monde, nous pourrions certainement enrober entièrement toute notre planète. Elle en serait comme un bonbon de chocolat, bien lisse, brillante, et croquante ! Cela ferait visuellement un beau dessert. Merveilleusement dressé sur une nappe chocolatée,  avec de beaux gâteaux bien montés. Est-ce cela donc le rôle de la misère ? Une partie nécessaire, qui formerait un socle pour porter le décor de ce monde, et qui sans elle il n’en serait pas un… ? 
Je le conteste… !

Par Amina LB


Joyeux Noël

lundi 9 décembre 2013

Silence... On tourne !




« Il n’y a que dans l’action, que la vie prend tout son sens ». 

Tourne sur toi-même.

Danse, et grimpe en rond sur les marches.

Attention, ne tombe pas !

Accroche-toi là et puis là.

Surtout ne te détournes pas, ne t’arrêtes pas de tourner, et tourne pour avancer. 

Si tu trébuches fais une cabriole !

Retourne-toi dans le sens inverse, mais ne dévies pas, ne baisse pas les yeux, relève la tête, discrètement, comme l’aiguille des heures.

Roule sur toi-même, et autour des autres si tu les aimes, mais ne t’effondre pas, évite les nœuds qui peuvent t’empêcher d’avancer, rien ne peut les défaire, car avec tu devras mal tourner.

Comme un boulet tu les auras, et tourner tu oublieras, et avancer tu renonceras.

Alors tourne, tourne, sans te retourner, juste pour avancer droit tout en rond, de ronds en ronds devant toi.

Tourne, vas-y ne regarde pas derrière toi.

Contente-toi de tourner en avant, de cercles en cercles que tu dessines, sans jamais avoir le vertige, en tournant dans le vide, sans jamais savoir où tu vas.

Tourne vite et parfois lentement, mais tourne, tourne, pour chasser le mal, et guetter le bien.

N’oublies pas de flanquer en clin d’œil l’air qui te fais vivre, celui qui t’étouffe quand tu tournes et que tu tournes, en rond, en cercles, droit, et en zigzag, sans jamais saisir ce que tu cherches.


Alors tourne, tourne, et surtout ne t’arrête pas.
Pour attraper le bonheur au vol, quand tu lèves les bras ! 

Par Amina LB

  
 



vendredi 22 novembre 2013

Lettre à Nice,

Nice,
       Je marche dans tes rues, le cœur noué, contemplant les passants. Les visages y sont parfois éclairés, parfois sombres. Une sensation étrange persiste en moi. J’ignore si c’est de la tristesse ou pas. Je ressens comme une angoisse particulière et mélancolique quand je rentre dans ton âme. Je ne ressens jamais cela ailleurs. Pourtant ton soleil qui même quand il n’est pas là, nous réchauffe le corps avec nostalgie, parce qu’il revient toujours.
Je redoute tes marchés animés de fruits, où j’aime m’y promener, pour côtoyer les agriculteurs aux mains pleines de terre, fiers de leur labeur mais sans doute inquiets pour le lendemain. Pleuvra-t-il ?
Quand j’arpente tes ruelles ancestrales de ta Vieille ville, je ressens ton âme profonde un peu perdue, qui observe ce monde venu en elle, se disant : "toutes ces gens m’aiment-elles vraiment ?"
Ta mer de ta Promenade majestueuse, infinie elle t’observe et te rappelle que le monde est vaste, mais qu’une de ses plus belles parties est ici, en toi.

Ton Château qui fait ton honneur est haut perché pour régner sur toi. Tu le portes comme la couronne d’une princesse éternelle.
Sur les places de ta cité, tant et tant de belles métamorphoses pour toi, que tu mérites ô combien, même si tu restes fière et distante, comme tes enfants le sont parfois.
Chaque jour tu regardes le bleu du ciel, tu le guettes. Sera-t-il nacré avec son voile clair, ou perturbé de nuages étirés, où bien insolent avec son bleu perçant ?
Tu camouffles parfois tes blessures du passé, de ton histoire si singulière. Nice tu es d'ici, de là ou d’ailleurs. Nice tu es toi. Tu es unique. Ne sois pas inquiète. Tu es belle et tu le seras encore et encore, même si au fond ça t’est bien égal.
Nice tu es mystérieuse. Tu es simple et grandiose à la fois. Tu es l’ainée de la côte bleue. Tu veilles sur tes petites sœurs, éparpillées sur les vallées et les montagnes, les unes sont authentiques, pendant que les autres jouent aux starlettes au bord de l’eau.
Tu observes tous ces peuples venus se réfugier chez toi, et tu les couves, et tu les protèges. Même si au fond tu préfères la solitude.
Tu laisses les artistes te peindre, les grands hommes te construire, et les badauds profiter de toi. Es-tu lasse ? Je le pense parfois.
L’automne ce n’est pas la période que tu préfères. Tes couleurs douces ne s’accommodent pas avec sa grisaille.

Il arrive que ton hiver imprévisible te joue des tours. En étant rude, plein d’eau et de neige, à enrager la mer. Tu attends qu’il s’en aille.

Ce que tu aimes plus que tout, c’est le printemps qui t’apaise.

L’été, ton âme s’en va se mettre à l'abris dans les hauteurs à la recherche de fraîcheur et de quiétude, car le monde entier par millier vient te voir, mais tu restes discrète, et tu préfères leur abandonner tes terres, un temps, par pudeur tu ne veux pas voir ça.
Nice tu es insaisissable. Nice tu es toi.
Tu es si proche et si éloignée à la fois.  

Par Amina LB

mercredi 13 novembre 2013

La Poule aux oeufs d'or, elle est ici...


"La Poule aux œufs d'Or"
Acrylique sur papier
Acrylique sur papier : 38cmx45cm hors encadrement.
PRIX sur demande + choix encadrement et modalités



dimanche 27 octobre 2013

La cerise sur le gâteau.




"la cerise sur le gâteau" fait partie de mes œuvres fétiches.
Si des fétichistes ont un coup de cœur, contact sur :

samedi 26 octobre 2013

Le 3 septembre 1983,

Morceau de Plage - Huile sur toile. 100x50cm



       C’est du haut du ciel que j’ai découvert Nice pour la première fois dans ma vie. Le 3 septembre 1983. Le ciel n’était pas brumeux. Il était bleu. Franchement bleu. Le soleil était doux. Je collais mon front sur le hublot. J’étais dans l’avion, en train d’atterrir. J’observais la Baie des Anges avec un large sourire d’enfant émerveillé. Le bleu de la mer était parfait. Et les galets m’ont surprise. Le contraste de ces couleurs froides, gris et bleu, donnaient un aspect franc et net au paysage. Je scrutais avec curiosité la beauté qui se dégageait. Je la comparais à la carte postale qu’on m’avait montrée quelques jours auparavant. 

L’avion faisait de grands tours en arc, comme si le pilote savait qu’il fallait trainer dans le ciel pour nous faire découvrir cette merveilleuse ville avant qu’on y foule le sol. Tout le long de la rive, les bâtiments formaient des tas roses et blancs. Les palmiers étaient alignés comme des gardes devant un château. Leurs feuilles semblaient tonifiées par l’atmosphère fraîche que je ressentais de façon subjective. Mon père, ma mère, mes frères, ma sœur, et moi, étions heureux d’arriver sur cette terre. Bien que nous arrivions depuis Alger, à 1h15 seulement de vol, nous étions subjugués, non pas par les ressemblances atmosphériques ou végétales, mais  par cette singulière et superbe forme de Nice.

Avec le temps, j’ai compris pourquoi cet instant est resté gravé en moi. C’était un coup de foudre. J’ai compris que j’ai aimé Nice dès l’instant où je l’ai vue. J’ai aussi compris que ses couleurs  : le bleu, le blanc, le vert, le rose et le gris s’équilibrent dans tous les recoins dans une harmonie parfaite. Même les architectures des différentes époques se mêlent avec justesse. Comme s'il eut été prévu ainsi depuis toujours.  

Avec le temps, j’ai vu Nice se dégrader parfois. Mais j’ai aussi vu Nice s’embellir, à faire pâlir les envieux. Comme aujourd’hui, le 26 octobre 2013, la Promenade du Paillon vient d’être inaugurée. Un nouveau joyau de verdure en plein cœur de la cité. Son poumon vert. L’eau, les arbres et les fruits seront j'espère pour cette aire immense, comme la mer, les algues et les galets sont pour la Promenade de Anglais. J’étais émue. Je suis émue.

Il y a des dates qui ne s’oublient pas...

Par Amina LB

vendredi 27 septembre 2013

L'apparence, trompeuse ou pas ?







          Nous vivons dans un monde, où à priori, la "forme" (l'apparence) des individus a une importance quasi égale, voire supérieure à celle du "fond" (qualités intrinsèques). Et il semblerait qu’il en ait toujours été ainsi...

Les modes vestimentaires ont toujours été imposés par des courants. Les ancêtres des bureaux de styles étaient les régnants de l'état, tels les Rois et les Reines, qui donnaient le ton de l’allure, et du détail au costume, pour être imités par leur cour. Ils furent ensuite remplacés jusqu’à nos jours, par les Chefs d’Etats et les icônes du cinéma, ou autres vedettes du showbiz, qui orientent, souvent involontairement, les courants de la mode. De Marie-Antoinette à Jacky Kennedy, en passant par Michael Jackson et Madonna, ou encore La Princesse Lady Di, etc… un grand nombre de styles ont été inspirés par ces personnages hors-normes et charismatiques, pour être ensuite adaptés au grand public, via le prêt-à-porter, dans toutes les marques, haut, moyen, et bas de gamme. Inspirée par cette multitude de sources de la société, la mode vestimentaire dépasserait notre apparence, et se juxtaposerait à nos goûts musicaux, culturels, et idéologiques de manière générale.

Dans les années 60, et le fameux mai 68, « la Rue » a pris un poids considérable dans le paysage « régnant ». Elle imposera entre autres, le style « baba cool », et le pantalon pour les filles. Les blousons noirs, les Rappeurs, et autres « rebelles » (Punks, Rockers, Grunges, Gotiques…) héritent de cette tendance venue de la rue, des squares ou des banlieues, en créant des looks déjantés, provocateurs, inscrits dans le répertoire du mode « bad boys ».

Tous ces styles qui se confrontent dans la société, forment au final, des codes vestimentaires (relatifs à toutes les époques et dans toutes les cultures) qui indiquent un message : "montre-moi ton look et je te dirai qui tu es". La définition, l’apriori, et même la stigmatisation des genres, se fera ainsi, systématiquement dès les premières secondes de la visualisation d’un  individu, par les biais des vêtements qu’il porte, des accessoires (chaussures, bijoux, cravate, boucles d’oreilles, chaussettes, tatouages, foulard…), de sa gestuelle (démarche, attitude, mimiques…), de sa mise en beauté (coiffure, maquillage, épilation, manucure…) et pour finir, de son accent et sa manière de parler (le phrasé avec un écho snob, voyou, paysan, branché, neutre, local...). L’individu va donc marquer volontairement ou involontairement son appartenance à un groupe social, pour affirmer (sans le dire) ce qu’il est, ce qu’il pense, ce qu’il écoute comme musique, ce qu’il fréquente comme lieux, ce qu’il conduit comme voiture (ou autre moyen de transport…) via sa tenue et son allure globale.

Un homme vêtu d’un jean troué et d’un gilet sans manches, tatoué sur les bras, s'exprimant avec nonchalance, portant un piercing aux sourcils et mâchant un chewing-gum, est difficilement imaginé par notre esprit comme étant un employé de banque, par contre nous pourrions supposer instinctivement qu'il pourrait être photographe ou musicien, pour autant, s’il se met à s'exprimer avec des mots savants et philosophiques, alors nous l'imaginerions écrivain ou professeur, et s’il entonne un langage trop basique avec des manières maladroites, nous l'associerons à un univers social défavorisé, etc. Par conséquent, et même si l'on dit que  « l'habit ne fait pas le moine », notre image est quelque peu révélatrice de notre état, un état que nous devons sans cesse partager avec les autres.

Tous ces éléments – look vestimentaire, gestuelle, façon de parler, accessoires, et mise en beauté - constituent l'image que nous véhiculons, une image codifiée par les stéréotypes existant, et décryptée par ceux qui nous observent. C'est ce que l’on nomme "L'Image Personnelle". Et d'ailleurs, bon nombre de personnes recherchent à améliorer leur image, car c’est la part la plus intime, la plus proche du moi profond, et paradoxalement la plus exposée ; par conséquent il nous parait primordial de la réveiller et de l’entretenir.
Souvent, bien qu’ayant une personnalité bien trempée, des goûts très affirmés, et une appartenance à un groupe bien établie, nous ne sommes pas conduits inéluctablement à arborer une image clairement optimisée. L’individu se perd souvent dans les codes qu’il est censé maitriser, à cause de la multitude d’éléments qui entrent en jeu lors de la construction de son apparence. Il faut rappeler que nous traversons plusieurs étapes, avant de nous forger une identité affinée. Il y a d’abord l’enfance, qui forme en quelque sorte le plateau de notre apparence, soit car elle apporte en elle l’éducation et le milieu familial duquel nous sommes issus. Puis arrive l’adolescence, avec son lot de découvertes et de styles plus ou moins branchés, ou pas. Et enfin, l’âge adulte et son environnement professionnel, intellectuel, et social, qui va finaliser le dernier coup de crayon de l’image que l’on reflète. Dans ce millefeuille de circonstances : famille + goûts + environnement + personnalité, l’individu peut parfois s’égarer dans les choix de son style. L’influence extérieure, des personnes qu'il côtoie quotidiennement, d’un environnement socio-professionnel marqué, mais aussi le manque de temps pour s’occuper de soi, et le manque d’intérêt pour l’image qu'il reflète, suffisent pour qu'un individu se retrouve désaxé de son véritable style, et donc de son image. Bien qu’il parait primordial d’arborer une apparence en concordance avec notre environnement, et particulièrement dans le milieu professionnel, ou social de façon générale, nous nous devons de respecter aussi nos goûts les plus profonds, et le caractère de notre personnalité, parfois enfouie et difficilement extirpable…

Dans ce type de situations très fréquentes de nos jours, le Conseil en Image Personnelle trouve toute sa place. Car contrairement à l’ancien temps, où les armoires ne comptaient que peu de vêtements, et où les styles (appartenance à un groupe social) étaient définis de façon naturelle, aujourd’hui l’individu se perd aussi dans la suractivité de son quotidien, ou au contraire par le repli sur soi, dans la surcharge de communication à travers l’image, et dans la multiplicité des genres et des styles, d'où des armoires souvent pleines à craquer, mais qui n'offrent aucune satisfaction à la personne qui tente d'en faire sortir un look acceptable...

Un professionnel qui arriverait à mettre en relief toutes les caractéristiques qui définissent l'apparence d'une personne, en la guidant dans ses propres choix révélés, pour lui actionner une image en harmonie avec ce qu’elle est réellement, ce qu’elle aime, ce qui lui va, et où elle se trouve, rétablirait l’axe de la bonne image que cette personne devrait donner aux autres, mais aussi celle qu'elle devra donner à elle-même.
Et ainsi donc, l'apparence ne serait pas trompeuse, à moins que...



Par Amina LB 

mercredi 21 août 2013

Des petits instants d’une journée ordinaire.

Place Masséna - Nice

       Il est des jours où nous avons une multitude de choses très communes à faire, comme : aller au supermarché en vitesse parce que la veille on a oublié de prendre le dentifrice, passer chez le libraire pour acheter un livre scolaire aux enfants, poster une lettre, bref, tout ce que fait « tout le monde » en général… Toutes ces personnes qui déambulent dans les rues, et dans les centres commerciaux chaque jour, sont le plus souvent en train de faire leurs petites courses, et c’est en principe inintéressant à raconter.

Pourtant, j’ai observé que dans cette nuée de futilités quotidiennes, on pouvait être interpellé -  si ce n’est je pense, que dans ces moments parfaitement quelconques que nous sommes en effet très souvent interpellés - par des personnes, des gestes, des lieux, ou que sais-je encore… ? un peu insolites, marrants, stupides, ou que sais-je encore… ?

Aujourd’hui, ce fut le cas pour moi. Plongée dans ma mission d’aller d’un point à un autre de la ville, je parcourais les rues de Nice au volant de ma voiture, sans me soucier de rien, quand un homme traversant la rue me surprit, car il était vêtu d’une parka, d’un pullover, et d’un béret. Encore que sa tenue vestimentaire clochait avec la température extérieure qui frôlait les trente degrés, ce qui attira mon regard fut surtout les trois roses d’un orange clair, légèrement rouges sur les bords de leurs pétales en boutons, toutes enveloppées dans du papier, avec des tiges inhabituellement courtes, qu’il tenait avec attention. Elles étaient belles et fraiches. Cet homme étrange souriait et reniflait de temps à autre son bouquet. Je trouvai cette image insolite et bizarre.

Une heure plus tard, j’étais dans une file d’attente d’une caisse de supermarché, à attendre mon tour, tout en observant la cliente devant moi en train de vider son panier sur le tapis – un de ces moments un peu gênants et pourtant nécessaires, car à part regarder le sol, les bonbons ou le plafond, il n’y a rien d’autre à faire – quand cette dame très vive malgré son âge avancé, se mit à rouspéter à cause d’une barquette de framboises qui s’était renversée dans son mini caddie. La pauvre dame tenta de ramasser tous les petits fruits bien fragiles, et les posa un à un dans la boite en plastique, sans couvercle. Je ne pouvais pas l’aider car il aurait fallu que je plonge mes mains dans ses courses et il n’en était pas question ; par contre, je ne pus m’empêcher de lui suggérer de ne pas les acheter car ces petites framboises étaient hélas bien grises pour la plupart d’entre elles, rongées par la moisissure. Elle acquiesça, et posa la boite sur le côté, quand j’aperçu le caissier en train de scanner les produits, faire une drôle de tête en regardant un paquet de coton, puisqu'il y avait une framboise complétement ratatinée, collée dessus… Et là, j’ai ri (discrètement). Cela peut paraitre parfaitement stupide comme fait, mais étant donné qu’il fait partie de ces espèces de petites guirlandes courantes qui habillent toutes nos journées, je me dis alors, pourquoi n’auraient-elles pas elles aussi leur place, dans la foule de débats insignifiants (dits importants) que nous cultivons souvent avec beaucoup de sérieux, alors qu’ils n’en valent que rarement la peine ?

Un peu plus tard, je me suis rendue dans une librairie. J’aime l'atmosphère qui règne dans lieux où les livres s’entassent. De tous les commerces, la librairie est le seul endroit où pour moi le temps n’existe plus. Je pourrais y passer des heures et des heures sans jamais m’ennuyer, et sans jamais me presser. Et comme pour me remercier d’avoir apprécié son magasin, la bibliothécaire m’offrit un livre. Ce fut un instant de bonheur pour moi.

C’était là l'esquisse d’une journée « parfaitement » ordinaire…

Par Amina LB

mercredi 7 août 2013

Pourquoi j'ai appelé ce blog : "Le gâteau à l'orange" ?


extrait autobiographique.  
      
    Quand ma mère finissait de préparer son succulent gâteau à l'orange, elle posait une petite cerise confite sur le dessus, juste au centre du glaçage craquant et fondant, blanc vif comme de la neige givrée et sucrée, qui recouvrait cette génoise moelleuse, beurrée et parfumée à souhait. La maison était embaumée toute l'après-midi par l'odeur des zestes cuits, et du sirop à la fleur d'oranger. Le thé à la menthe infusait de son côté dans une théière dorée et pointue, posée sur la table de la cuisine. Le grand salon, réservé aux réceptions était embrumé d'encens au musc. Ses fauteuils ocres me paraissaient guindés, et les coussins de velours ornés de pompons étaient fièrement jetés sur l'épais tapis de laine blanche, rapporté du Sahara.

Quand tous les plateaux étaient dressés, ma mère rejoignait en vitesse sa grande chambre bleue, pour se parer d'une magnifique robe ivoire, rebrodée de fils d'or et de soie rouge. Rafraichie comme une rose poudrée qui pousse dans les ombrages, elle redescendait les escaliers qui conduisaient aux chambres, telle une fée. Les joues rougies par la chaleur des fourneaux, le regard légèrement inquiet, elle rectifiait les derniers détails de ses préparatifs, de peur que tout ne soit pas prêt au moment d'accueillir ses invitées.

Régulièrement, ma mère organisait des après-midi, où elle recevait ses amies, pour partager un verre de thé et discuter autour de son fameux gâteau à l'orange ; une de ses spécialités. C'était des moments de mon enfance à Alger, dans les années 1970...

Ma mère était réputée pour sa cuisine raffinée. Mon père n'arrêtait pas de s'en vanter : "Ma femme est la meilleure cuisinière... C'est un cordon bleu !". Tout Alger, les amis, les relations, et toute la famille : oncles, tantes, cousins, cousines, et grands-parents attendaient avec impatience leur invitation pour goûter les préparations savoureuses de ma mère. Elle cuisinait tout : en pole position la succulente cuisine délicate de Tlemcen, vient ensuite celle du terroir algérien, évidemment tout le répertoire français, et même parfois italien, ou asiatique... Elle aimait cuisiner comme un Chef. C'était sûrement un don. Qu'elle conserve encore au jour d'aujourd'hui. 



Quand les premières invitées arrivaient, mes jeunes frères jumeaux et moi étions attentifs aux bruits des talons de ces dames dans le couloir de l'entrée. Nous n'avions pas l'autorisation de nous approcher du salon. L'échos de leurs voix féminines et leurs petits éclats de rire distingués raisonnaient jusqu'à la salle de séjour où nous étions en train de regarder la télé ou de nous amuser, avec une grande impatience d'avaler un petit bout de gâteau à l'orange, ce délice qui se faisait tant attendre. Nous avions l'habitude - nous les petits - d'attendre que ces dames soient parties pour qu'enfin nous puissions avoir notre part.

Dès que la fin de la petite réunion mondaine approchait, ma mère venait nous chercher pour saluer ses amies. Quand j'entrai dans le salon, je sentais un parfum féminin et chic qui habillait l'ambiance comme un voile d'organdi. Ces femmes que je ne connaissais que vaguement, je ne les trouvais pas aussi jolies que l'atmosphère qu'elles imposaient à la maison le jour de leur venue. Elles étaient pourtant élégantes. Elles portaient des ongles longs et vernis. Leurs cheveux étaient souvent coiffés en chignons, et portaient des chaussures à talons larges et hauts, mais leur apparence ne m'impressionnait pas. Les jupes appelées maxi, inversement aux mini-jupes, avaient visiblement du succès dans ce microcosme bourgeois d'Alger, leur coupe faisait sourire mon imagination espiègle, car ce vêtement donnait une silhouette plate et trop large aux femmes qui le portaient. Les couleurs de leurs chemisiers, était de ce marron ou orange branché de l'époque, qui me rappelait les fauteuils que l'on trouvait dans les salons des aéroports... Pour la petite fille que je fus, ma mère était la plus belle, et c'était sans doute vrai. J'admirais avec évidence et réconfort son visage parfaitement ovale, aussi clair qu'une porcelaine fine, ses grands yeux noirs au regard doux, et ses longues mains fines qui travaillaient sans cesse, avec tellement d'assurance et de magie.

Le moment de saluer les amies de ma mère était synonyme de trac. Elles me fixaient toutes avec un regard coquin et curieux. Elles se penchaient sur moi pour entendre ma voix éteinte par la timidité. Mon bonjour était presque muet. Une chaleur incendiait mon visage et mes oreilles, mais les compliments sur mes longs cheveux dorés et ondulés, que je portais très long comme dans les dessins d'un livre de comptes imaginaires, me rendaient fière. Quand le tour des petites bises était fait, je restais debout, appuyée sur l'accoudoir du fauteuil où était assise ma mère. Je jouais avec les creux de l'imprimé du velours doré qui ornait le canapé. En m'occupant à redessiner toutes ces fleurs creusées, je m'évadais pour oublier la présence de ces invitées, qui gloussaient comme des poules quand mes petits frères se roulaient par terre. Malgré leurs têtes d'anges, aux cheveux bouclés et blond comme le blé, ils étaient tels de vilains garnements, un peu capricieux, faisant les intéressants devant ces femelles grisées par cette atmosphère de bien-être inouï, qui régnait dans ce grand salon jaune. De temps à autres, je jetais un œil sur le gâteau, mais je devais attendre avant d'y toucher. C'était ma madeleine de Proust... Je savais l'incroyable sensation de douceur, quand un morceau venait fondre dans ma bouche. En salivant devant l'assiette de présentation, j'imaginais ce sucre fondant parfumé au zestes d'agrumes, se dissoudre au milieux des miettes de génoise beurrée, puis ensevelis dans une gorgée de thé, qui formerait une vague de chaleur tiède sur mon palais, et cette image de sensations me donnait envie de demander à ma mère de me servir, mais je me reteins, car c'était la règle.

Quand les invitées se levaient enfin pour partir, c'était aux mêmes instants que les premières minutes du coucher du soleil. La maison alors se vidait subitement. Les éclats de rires se transformaient en grognements des enfants. Ma mère se retrouvait seule avec nous, une ribambelle d'enfants étalés dans le salon interdit, à attendre comme des louveteaux une part du gibier chassé par leur mère. C'est alors que, dans cette ambiance de fatigue, de nervosité, et de morosité naissante des fins de fêtes, ma mère nous servait consciencieusement des petites parts, de son merveilleux gâteau à l'orange.

Je m'aperçue - presque à chacun de ces thés  d'invitées - que mon envie d'apprécier ces pâtisseries uniques avait disparue en même temps que le soleil.

Le goût des gourmandises de l'après-midi n'est plus le même quand le soleil s'en va. C'est comme si leur saveur exquise était amplifiée par la fantaisie de la présence de ces femmes, par l'odeur de l'encens, par l'horloge qui indique 16 h 15, par le dring-dring de la porte d'entrée, par la menthe fraichement ciselée dans les verres à thé, et par le rouge à lèvre brillant sur le rebord des tasses. Bien que la finesse de cette pâtisserie incroyablement savoureuse restera indélébile, aussi bien dans mes papilles que dans ma mémoire, ce qui confirmait que l'instant appuyait la saveur, fut le goût du thé, bien spécifique à ces fins de journées radieuses. C'est ainsi qu'à la lueur du crépuscule, j’ingurgitais avec résignation et obligation, cette infusion "vieillie", qui sans le savoir me donnait déjà une idée de l'évolution de la vie, car elle fut assombrie par le temps, trop froide, presque glacée, et bien trop amère... Mais j'avais tellement attendu !

Aujourd'hui je réalise "Le gâteau à l'orange" avec beaucoup de plaisir, et je le partage avec joie et nostalgie... Il fait partie de mes objets fétiches, il est synonyme de bonheur, de douceur, et de mélancolie...

Par Amina LB