dimanche 11 janvier 2015

Un monde désolant en « ismes ».

"Nymphe qui pleure"1906 - Hodebert



Islamisme. Terrorisme. Antisémitisme. Fascisme. Racisme. Fanatisme. Communautarisme. Extrémisme…

Je pleure devant tous ces mots terrifiants qui se terminent en « isme » pour décrire les maux horrifiants de la société actuelle. J’en arrive presque à associer cette terminaison à l’horreur. Ecœurée par le fait que l’individu se réduise à tout ce qui peut le diviser, pire, à ce qui peut le mettre en guerre contre les autres. C’est un peu comme si le monde prenait plaisir à se nourrir continuellement de haine et de rejet, en faisant des différences une entrave majeur. La couleur de peau, la religion, la culture, le niveau social, et que sais-je encore, constitueraient si l’on en croit le tableau ensanglanté du monde, un frein terrible au bien vivre ensemble. 

Convaincue par l’inverse, ces violences abjectes guidées par la haine de l’autre me consternent de frayeur, tant l’absence de sens minimal demeure comme un néant dans mon esprit. Elle se traduit comme la résonance d’une gifle traumatisante arrivant de nulle part, qui me frapperait très fort sans la moindre raison valable. 

Voir des individus brandir la monstruosité telles des bêtes sans la moindre conscience, oser avancer par des actes inqualifiables de terreur une idéologie, démontrer sauvagement que les individus  puissent se haïr à ce point, ont le même effet sur moi qu’une bombe qui exploserait sur mon chemin. Pire encore, elle couperait toutes les issues, car ses dégâts seraient irréversibles. Si l’espoir n’existait pas, j’aurais cessé de croire en « l’homme ». 

Je nourris d’ailleurs cet espoir en voyant toutes ces foules innombrables réunies et solidaires pour rendre hommage aux victimes de l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo » du 7 janvier. J’ose ainsi consolider ma croyance profonde en « l’humanité » dont la vocation première serait - me semble-t-il - de survivre et non de mourir. Assister à l'honneur et à l'amour exprimés à « la liberté d’expression », soutenue et défendue avec autant de ferveur, m'apaise. Et d'ailleurs, même si je ne lis que très rarement ce journal satirique, j’ai toujours été rassurée par son existence, et fièrement heureuse de savoir qu’il est là et bel et bien là, car ses dessinateurs : Cabu, Charb, Wolinsky, Tignous... me permettaient de rendre palpable "la liberté de pensée". 

Ce symbole ayant été injustement abîmé par le sang et le crime, c’est avec une profonde aigreur que je résiste en espérant que ce grand malheur apporte justement un sursaut à l’individu, qui se découvrirait un autre lien avec les autres. Un lien qui l'éloignerait du rejet et de la haine. Un lien qui n’a pas de couleur, pas de religion, pas d’origine ethnique. Un lien universel. Un lien de paix. Un lien plus fort et plus haut que tout : "La Liberté".

#MerciCharlie, tu nous lies. #NousSommesCharlie.

Amina LB



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