Place Masséna - Nice
Il est des jours où nous avons une
multitude de choses très communes à faire, comme : aller au supermarché en
vitesse parce que la veille on a oublié de prendre le dentifrice, passer chez
le libraire pour acheter un livre scolaire aux enfants, poster
une lettre, bref, tout ce que fait « tout le monde » en général…
Toutes ces personnes qui déambulent dans les rues, et dans les centres
commerciaux chaque jour, sont le plus souvent en train de faire leurs petites courses,
et c’est en principe inintéressant à raconter.
Pourtant, j’ai observé que dans
cette nuée de futilités quotidiennes, on pouvait être interpellé - si ce n’est je pense, que dans ces moments
parfaitement quelconques que nous sommes en effet très souvent interpellés - par des
personnes, des gestes, des lieux, ou que sais-je encore… ? un peu insolites,
marrants, stupides, ou que sais-je encore… ?
Aujourd’hui, ce fut le cas pour
moi. Plongée dans ma mission d’aller d’un point à un autre de la ville, je
parcourais les rues de Nice au volant de ma voiture, sans me soucier de rien, quand un
homme traversant la rue me surprit, car il était vêtu d’une parka, d’un
pullover, et d’un béret. Encore que sa tenue vestimentaire clochait avec la
température extérieure qui frôlait les trente degrés, ce qui attira mon regard
fut surtout les trois roses d’un orange clair, légèrement rouges sur les bords
de leurs pétales en boutons, toutes enveloppées dans du papier, avec des tiges
inhabituellement courtes, qu’il tenait avec attention. Elles étaient
belles et fraiches. Cet homme étrange souriait et reniflait de temps à autre
son bouquet. Je trouvai cette image insolite et bizarre.
Une heure plus tard, j’étais dans
une file d’attente d’une caisse de supermarché, à attendre mon tour, tout en
observant la cliente devant moi en train de vider son panier sur le tapis – un de
ces moments un peu gênants et pourtant nécessaires,
car à part regarder le sol, les bonbons ou le plafond, il n’y a rien d’autre à
faire – quand cette dame très vive malgré son âge avancé, se mit à rouspéter à
cause d’une barquette de framboises qui s’était renversée dans son mini caddie.
La pauvre dame tenta de ramasser tous les petits fruits bien fragiles, et les posa
un à un dans la boite en plastique, sans couvercle. Je ne pouvais pas l’aider
car il aurait fallu que je plonge mes mains dans ses courses et il n’en était
pas question ; par contre, je ne pus m’empêcher de lui suggérer de ne pas
les acheter car ces petites framboises étaient hélas bien grises pour la
plupart d’entre elles, rongées par la moisissure. Elle acquiesça, et posa la
boite sur le côté, quand j’aperçu le caissier en train de scanner les produits,
faire une drôle de tête en regardant un paquet de coton, puisqu'il y avait une framboise
complétement ratatinée, collée dessus… Et là, j’ai ri (discrètement). Cela peut
paraitre parfaitement stupide comme fait, mais étant donné qu’il fait partie de
ces espèces de petites guirlandes courantes qui habillent toutes nos journées,
je me dis alors, pourquoi n’auraient-elles pas elles aussi leur place, dans la
foule de débats insignifiants (dits importants) que nous cultivons souvent avec beaucoup de
sérieux, alors qu’ils n’en valent que rarement la peine ?
Un peu plus tard, je me suis
rendue dans une librairie. J’aime l'atmosphère qui règne dans lieux où les
livres s’entassent. De tous les commerces, la librairie est le seul endroit où
pour moi le temps n’existe plus. Je pourrais y passer des heures et des heures
sans jamais m’ennuyer, et sans jamais me presser. Et comme pour me remercier
d’avoir apprécié son magasin, la bibliothécaire m’offrit un livre. Ce fut un
instant de bonheur pour moi.
C’était là l'esquisse d’une
journée « parfaitement » ordinaire…
Par Amina LB
Par Amina LB

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