lundi 16 mars 2015

Mon Ange s'est envolé


Mon fils, mon amour.
(Nice, 19 novembre 1995 - 24 janvier 2015)



A l'aube, l’air paisible il a dit : "vous ne pouvez pas comprendre"
Les mains désolées il s'est retourné ainsi
De très haut il a volé sans effort sur son être
Telle une jolie plume il tombait au ralenti

Nous sommes restés impuissants et ébahis
L’envie de le rejoindre nous a effleurés
Le cœur noué trop tard nous avons compris
Quand nous le rejoignions il était allongé

Comme  dans son lit
Sans le moindre traumatisme ni blessure
Sur l’herbe du jardin il dormait à l’infini
Intact, les yeux fermés, il souriait, le visage magnifique entouré de sa belle chevelure

Était-ce un miracle ? Probablement qu’à moitié
L’adieu final avait bien eu lieu
Dans une grande quiétude de paix
Ce sera là notre unique consolation : savoir que de souffrance physique il n’en a pas eue

C’est ainsi qu’une part de nous s’est envolée à jamais
Un être cher, un enfant que l’on ne reverra plus
Il reste à tenter de traverser la vie évidée
Le cœur arraché, nous survivrons au manque grâce à l’amour absolu

Sans raison précise ou présagée, sans fumée sans alcool (comme dit la chanson), PUR juste comme un ange Amine s’est envolé !








Amina LB








mardi 24 février 2015

Lettre à mon fils



Avec tout mon Amour pour l’Eternité







Lettre à Amine

Amine, Notre Très Cher Enfant Tant Aimé.

Tu nous as quittés en laissant un vide immense autour de nous.

A la fleur de l’âge, si merveilleusement beau, au sourire ensoleillé, au regard d’océan bleu et limpide, si exceptionnel, tu méritais de vivre encore pleinement ta vie, mais tu en as décidé autrement.

Rien ne pouvait laisser présager un tel sort, tant tu étais entouré d’amour et d’attention à chaque seconde de ta vie passée.

Dans cette douleur difficilement descriptible, sache que nous te pardonnons ton acte, car il fut ta volonté.

Ta volonté tu l’as toujours exprimée avec beaucoup de détermination. Parfois même elle te submergeait, car ton intelligence débordante n’était pas adaptée à ce monde que tu as jugé durant ces deux dernières années passées, comme insuffisamment sensé, particulièrement violent et honteux.

Tu nous as éclairés, tu nous as éveillés, tu nous as nourri l’esprit constamment par des analyses si pertinentes, si vraies, si belles.

Nous en étions à chaque fois déconcertés et admiratifs, tant la cohérence des chemins que tu exposais était rationnelle et juste. Beaucoup trop justement pour notre bas monde.
Tu prônais inlassablement un discours de bonté, de générosité, de progrès, d’amour, de tolérance, de respect, et de justice.

Ton génie et ta sensibilité ne pouvaient admettre l’horreur constatée chaque jour dans notre dimension humaine, nous te l’accordons, souvent dégradante.

Tu as d’ailleurs donné toute ton énergie et ton sens créatif et artistique dans la musique et les nouvelles technologies. Ton dernier projet était justement axé sur la mise en œuvre d’un lien positif entre les personnes via internet, en somme un réseau social  qui diffuse le bien.

Tu vivais en souffrance, en luttant chaque jour, avec l’espoir de voir le monde reprendre une voie de sagesse et d’esprit.

Cette souffrance fut insurmontable pour toi. Ainsi, nous savons, tu as préféré rejoindre le monde de l’au-delà, plus élevé et plus noble ; car tout simplement en parfaite adéquation avec ce que tu fus, ce que tu es, et ce que tu resteras à jamais pour l’éternité : un être pur, innocent, vierge, angélique, bon, respectueux, aimant, doux, généreux, et surdoué.

Amine, nous te remercions d’avoir été parmi nous durant ces 19 années. Tu ne peux mesurer à quel point tu as élevé notre perception sur la vie, sur le monde, sur l’amour de l’autre, et sur les rapports humains tels qu’ils devraient être. Ta façon unique et rare de porter le sens animé uniquement par le bien, nous met à genoux devant toi et c’est un privilège. 

Amine, tu resteras à jamais dans nos cœurs. Nous tâcherons de suivre avec fidélité toutes tes recommandations de toujours prôner le bien, le progrès, le respect et la paix.

Amine Nous t’Aimons !

Que ton âme repose en Paix.

De la part de :
Ta Maman, Ton Papa, Ta Sœur, Ta Grand-mère, ainsi que tous tes oncles, toutes tes tantes, tous tes cousins et cousines, tous tes amis, et tous ceux qui veulent se joindre à cet Amour Grand et Pur.

Pour mon fils Amine qui va me manquer toute ma vie.

Amina LB







dimanche 11 janvier 2015

Un monde désolant en « ismes ».

"Nymphe qui pleure"1906 - Hodebert



Islamisme. Terrorisme. Antisémitisme. Fascisme. Racisme. Fanatisme. Communautarisme. Extrémisme…

Je pleure devant tous ces mots terrifiants qui se terminent en « isme » pour décrire les maux horrifiants de la société actuelle. J’en arrive presque à associer cette terminaison à l’horreur. Ecœurée par le fait que l’individu se réduise à tout ce qui peut le diviser, pire, à ce qui peut le mettre en guerre contre les autres. C’est un peu comme si le monde prenait plaisir à se nourrir continuellement de haine et de rejet, en faisant des différences une entrave majeur. La couleur de peau, la religion, la culture, le niveau social, et que sais-je encore, constitueraient si l’on en croit le tableau ensanglanté du monde, un frein terrible au bien vivre ensemble. 

Convaincue par l’inverse, ces violences abjectes guidées par la haine de l’autre me consternent de frayeur, tant l’absence de sens minimal demeure comme un néant dans mon esprit. Elle se traduit comme la résonance d’une gifle traumatisante arrivant de nulle part, qui me frapperait très fort sans la moindre raison valable. 

Voir des individus brandir la monstruosité telles des bêtes sans la moindre conscience, oser avancer par des actes inqualifiables de terreur une idéologie, démontrer sauvagement que les individus  puissent se haïr à ce point, ont le même effet sur moi qu’une bombe qui exploserait sur mon chemin. Pire encore, elle couperait toutes les issues, car ses dégâts seraient irréversibles. Si l’espoir n’existait pas, j’aurais cessé de croire en « l’homme ». 

Je nourris d’ailleurs cet espoir en voyant toutes ces foules innombrables réunies et solidaires pour rendre hommage aux victimes de l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo » du 7 janvier. J’ose ainsi consolider ma croyance profonde en « l’humanité » dont la vocation première serait - me semble-t-il - de survivre et non de mourir. Assister à l'honneur et à l'amour exprimés à « la liberté d’expression », soutenue et défendue avec autant de ferveur, m'apaise. Et d'ailleurs, même si je ne lis que très rarement ce journal satirique, j’ai toujours été rassurée par son existence, et fièrement heureuse de savoir qu’il est là et bel et bien là, car ses dessinateurs : Cabu, Charb, Wolinsky, Tignous... me permettaient de rendre palpable "la liberté de pensée". 

Ce symbole ayant été injustement abîmé par le sang et le crime, c’est avec une profonde aigreur que je résiste en espérant que ce grand malheur apporte justement un sursaut à l’individu, qui se découvrirait un autre lien avec les autres. Un lien qui l'éloignerait du rejet et de la haine. Un lien qui n’a pas de couleur, pas de religion, pas d’origine ethnique. Un lien universel. Un lien de paix. Un lien plus fort et plus haut que tout : "La Liberté".

#MerciCharlie, tu nous lies. #NousSommesCharlie.

Amina LB



#JeSuisCharlie


Je rends hommage à toutes les victimes de l'effroyable attentat contre "Charlie Hebdo" 
survenu le 7 janvier 2015.


Vive La Liberté d'Expression !

Amina LB






dimanche 4 janvier 2015

Aimez La France !



Aimer La France (pour moi) c’est :

(En vrac)

Aimer La Liberté. Aimer La Laïcité. Aimer L’Egalité. Aimer Les Droits de l’Homme. Aimer La Culture. Aimer Les Livres. Aimer La Création. Aimer L’Innovation. Aimer La Mode. Aimer La Recherche. Aimer L’Histoire. Aimer La Philosophie. Aimer Le Travail. Aimer L’Effort. Aimer La Rigueur. Aimer Les Loisirs. Aimer La République. Aimer La Littérature. Aimer Victor Hugo. Aimer La Tolérance. Aimer Le Dimanche. Aimer La Grandeur. Aimer Le Siècle des Lumières. Aimer Les Belles Choses. Aimer Les Bonnes Choses. Aimer Le Théâtre. Aimer Le Cinéma. Aimer Les Arbres. Aimer Les Jardins. Aimer Les Avenues. Aimer L’Architecture. Aimer Le Sport. Aimer La Science. Aimer Louis Pasteur. Aimer Marie Curie. Aimer Airbus. Aimer Le TGV. Aimer L’Oréal. Aimer Louis Vuitton. Aimer La Maison Hermès. Aimer Les Symboles du Christianisme. Aimer Le Progrès. Aimer L'Art. Aimer L’Elégance. Aimer Le Raffinement. Aimer Monet. Aimer La Simplicité. Aimer Les Différences. Aimer L’Europe. Aimer Maupassant. Aimer Guerlain. Aimer Yves Saint Laurent. Aimer Christian Dior. Aimer Coco Chanel. Aimer Le Général de Gaulle. Aimer Le Bon Vin. Aimer Les Bistrots. Aimer Les Villages. Aimer Les Pommes. Aimer Le Bon Pain. Aimer Le Café. Aimer Le Roquefort. Aimer Les Autres. Aimer L'Amour. Aimer Les Enfants. Aimer Les Jeunes. Aimer Les Anciennes Générations. Aimer La Musique. Aimer Les Animaux. Aimer Le Soleil. Aimer La Neige. Aimer L’Exotisme. Aimer L’Afrique. Aimer Les Voyages. Aimer La Réussite. Aimer Le Social. Aimer Albert Camus. Aimer Le Modèle Français. Aimer Paris. Aimer Marcel Proust. Aimer Le Caractère des Régions. Aimer Louis de Funès. Aimer Les Boulangers. Aimer Les Pâtissiers. Aimer Les Chocolatiers. Aimer L’Artisanat. Aimer Les Grands Chefs Cuisiniers. Aimer Les Dîners Entre Amis. Aimer Jean Gabin. Aimer Les Journaux. Aimer L’Industrie. Aimer La Famille. Aimer Rire. Aimer Le Partage. Aimer La Politesse. Aimer La Courtoisie. Aimer La Discrétion. Aimer La Pudeur. Aimer Le Monde. Aimer Les Musées. Aimer Les Fleurs. Aimer Être Fier d’Être Français naturellement et sans arrogance, car il me semble que ce n’est pas donné à tout le monde.

Vive La France !

Par Amina LB



jeudi 1 janvier 2015

Des vœux. En veux-tu ? En voilà.


Charlie Chaplin et Sofia Loren 1966.
(Photo cpp-luxury)

Regarder de l’avant. Une année qui se termine. Une année qui commence. Le monde entier s’agite. Et si nous faisions une pause. Comme quand on appuie sur pause. On observe. Le monde. Les gens. Les sourires. Les pleurs. Les rires. Les cris. On regarde les yeux. On regarde les autres. Les autres c’est peut-être nous. Oui bien sûr c’est nous. Ne te retourne pas. Avance. Avance dans le bon sens. Car tu as le choix. Souviens-toi de tes erreurs passées. Celles de l’an passé. Celles qui t’ont blessé. Celles qui ont blessé les autres. Répare. Donne de toi-même. Apprends à recevoir. Tout ce qu’on te donne. Profite de cette page qui se tourne. Ecris un nouveau paragraphe. Celui d'un petit bout de vie. 365 jours de vie. C’est si peu. Mais chaque instant compte. Chaque minute. Chaque seconde. Epluche-les. Savoure-les. Comme des feuilles d’artichaut. Va jusqu'au cœur tendre et sucré. Celui des dernières minutes. Celui des premières minutes. Cette frontière de l’espace-temps. Celle qui nous informe que nous avons changé. D’année seulement. Ce nouvel an célébré qui démarre en janvier. Juste dans ces petits 31 jours. Après c’est déjà trop tard. Là maintenant il est encore temps. Glisse-toi dans le temps du changement. Car le changement c’est forcément après. Mais jamais maintenant. Comme ils disent. Fais des projets. Imagine ton avenir. Celui d’après-demain. Celui dans une heure. Aime construire. Délecte-toi de la joie qui t’entoure. Apprécie la vérité. La vérité nous sauve. C’est elle qui assure l’avenir. C’est elle qui nous grandit. Entre dans ce nouveau chiffre. Il indique un renouveau. Ce symbole te guidera. Ce petit chiffre t’inspirera. Fais le tri. Eloigne ce qui t’encombre. Mais fais des compromis. Jongle avec le chaud et le froid. Garde la tête haute. Garde la tête froide. Fais de bons vœux. Pour toi. Pour les autres. C’est la tradition qui le veut. Sois sincère. Sois vigilant. Aime bravement la vie. Elle t’aimera aussi. C'est ce qui se dit. 

Par Amina LB





samedi 24 mai 2014

Les petites nuits de l'après-midi.

    



    Quand la vaisselle du déjeuner fut lavée, essuyée et rangée, Julia fermait à moitié les persiennes de la cuisine, et fit de même dans toutes les pièces de sa maison, excepté pour la fenêtre de la salle à manger, qu’elle laissait grande ouverte, en tirant simplement les rideaux blancs en voilage, bordés de dentelle. 

Elle se dirigeait ensuite vers la salle d’eau, qui sentait la lavande comme si les murs en avaient été fleuris. Elle ôtait ses lunettes de vue pour se lavait le visage, et les mains jusqu'au coudes, en faisant mousser un pain de savon de Marseille, et en piochant de l’eau contenue dans une grande bassine métallique à poignées ; une eau propre qu’elle prenait soin d’aseptiser chaque matin de bonheur, avec quelques gouttes d’eau de javel. Elle se séchait ensuite avec l'une de ses serviettes roses et blanches, recoiffer sa longue natte de ses beaux cheveux teints en acajou. Puis, enfin elle se parfumait à l'eau de Cologne abondamment. Ce fut là un rituel après chaque repas chez cette dame, Mère et Grand-mère d’une famille nombreuse, d'une extrême rigueur, et d'une autorité sans faille. Elle faisait régner l'ordre autour d'elle comme un Chef. Tout était minutieusement rangé. Tout était scrupuleusement lavé. Julia ne portait que du blanc, du bleu-ciel, et du mauve pâle. On ne pouvait jamais lui offrir du rose ou du beige. Elle était stricte mais belle, mince et agile. Quand elle souriait elle avait une fossette sur la joue. Ses yeux étaient verts en forme d'amandes, rieurs, perçants et froids, comme souvent dans le milieu de la bourgeoisie rurale...  

La lourde tâche des préparatifs des mets copieux n’avait pas l’air d'épuiser Julia, sauf qu'elle ne faisait jamais l’impasse sur sa petite sieste...

Dans ce moment de somnolence, malgré la foule de petits-enfants et leurs parents, dans la demeure de Julia tout était calme, paisible et serein. Chacun trouvait un espace pour s’isoler en silence, dans cette grande maison méditerranéenne, aux tuiles rouges et aux tomettes oranges, lisses et glacées sur le sol.

L’atmosphère ombragée procurait l’envie de dormir pour certains, de lire pour d’autres, ou de chuchoter pour les plus petits. Ces derniers se retrouvaient tous dans l’escalier central, et s’asseyaient sur les marches pour raconter des histoires, parfois un peu secrètes, comme des moqueries sur les comportements imbéciles de leur grande tante et voisine de Julia. Ils poussaient des petits ricanements qu’ils étouffaient derrières leurs petites menottes, car ils ne voulaient surtout pas rompre cette belle tranquillité qui régnait autour d’eux.

La petite troupe de marmots attendaient patiemment ainsi, jusqu’ à ce que Julia se lève, pour aller courir et s’amuser bruyamment dans la cour arrière de la maison. Pourtant cette heure de répit pour les adultes, instaurée par la Grand-mère, était vécue comme un instant de quiétude pour tous, même les plus turbulents y trouvaient leur compte. En somme, chacun se ressourçait dans cette tendre ambiance.

Vers le milieu de l’après-midi, une légère impatience s’installait chez les enfants ; mais, le sifflement de la bouilloire donnait le signal de l’heure du goûter. Enthousiastes, les gamins remontaient au premier étage comme des oisillons qui sortent de leur cage ; ils s'attroupaient alors comme une bande de petites canailles, dans le hall qui desservait la cuisine et le séjour, et scrutaient avec gourmandise les faits et gestes de Julia, et de leurs mères respectives, tantes, et belles-filles, qui s’attelaient à dresser de grands plateaux de tasses, contenant du café au lait ou du thé, ainsi que de grandes assiettes de délicieux biscuits.

Ils allaient ensuite saluer leur Grand-père, comme s’ils ne l’avaient pas vu de toute la journée. Ils savaient que pour ce dernier, le sommeil de l’après-midi n’avait duré que quelques dizaines de minutes, et que la fenêtre grande ouverte de la salle à manger demeurait illuminée pour lui... Pendant que la maison était endormie, il regardait la télévision à faible volume, et profitait de la petite brise qui faisait gonfler le voile des rideaux.

C’est ainsi que le jour se levait une seconde fois dans la maison de Julia, dans la joie et la bonne humeur de l’heure du thé, après que chacun des siens ait bien dégusté la merveilleuse atmosphère que répandent les petites nuits de l’après-midi…


Par Amina LB

*Un instant de vie de mon enfance, décrit de façon précise, que j'ai pu vivre - avec beaucoup d'émotion - régulièrement dans la maison de mes Grands-parents (sauf pour le prénom de ma Grand-mère paternelle, que je ne dévoile pas).