samedi 8 février 2014

Twitter : Un endroit qui n'appartient qu'à nous... ?



La Foule !




     Combien de personnes sont inscrites sur les réseaux sociaux ? Des centaines de milliers… Je ne peux mesurer leur quantité. Moi-même j’utilise ces connexions que je conçois comme des outils de communications, de façon sérieuse ou ludique. C’est en effet la manière basique avec laquelle tout ce monde en use. Pourtant, il y a comme quelque chose de plus profond que je ressens, comme si cette « machine » sans contact, était malgré tout un soupçon de l’extrait même de ce qui caractérise l’individu dans sa mesure sociale : l’humain tel qu’il vit aujourd’hui. Dans l’ambivalence du mutisme criant. Ecrire pour mieux parler. Twitter en quelques mots bien pesés tout le poids d’une pensée. Exister dans un monde probablement frustrant où même le cadre de ses dires est étroit. Apprendre à vivre seul mais en compagnie addictive des autres qui n’attendent que vous, pendant que vous recherchez leurs réponses. Vivre dans l’attente de l’action de l’autre pour enfin agir ou réagir.

Si je devais décrire de façon artistique ces réseaux, je dessinerais probablement des immeubles avec des fenêtres qui abriteraient la foultitude que nous sommes, et chacun ouvrirait les volets de sa petite cabane empilée sur les autres, mais sécurisante, car il est le seul à en posséder les clefs (alias mots de passe), pour enfin pouvoir dire un cui-cui à sa manière, avec l’humeur du jour : aigu, grave, fragile, émouvant, sensible, triste, comique, ridicule, haineux, maladroit, irritant… N’est-ce pas là justement l’un des rares espaces où les individus se sentent libres et se dévoilent ? Brusquement ou petit à petit… ? Quitte à se cacher derrière des pseudos, des noms inventés, des noms de héros, des Schtroumpfs, des chats, des Blanche-Neige, des Fées… Ceux-là préféreront avancer masqués, comme pour surprotéger leur domaine : "un domaine ultra privé".

Ne serait-il pas plus aisé de dire haut et fort ce que l’on pense quand personne ne sait qui l'on est ? L’anonymat donnerait-il plus de force pour lever les tabous ? Le monde conventionnel serait-il donc muselant au point de pousser l'individu à vouloir se cacher pour dire ce qu'il pense ?

Je me pose toutes ces questions, et plus je « fréquente » ce monde virtuel, que je juge plus que jamais réel, j’ai envie de répondre « OUI ». J’ai moi aussi récemment, décidé d’utiliser uniquement mes initiales ALB sur mon compte Twitter, en laissant seul mon prénom apparaitre @LB_Amina, le jour où j’ai retrouvé un de mes tweet agrémenté d’un dessin inoffensif sur un compte que j’ai jugé « infréquentable ». J’ai compris ce jour-là que si nous ne sommes pas une personnalité, ou une quelconque entreprise, avec une renommée évidente, il nous était alors difficile d’exister pleinement dans ce mondes « fouillis » où toutes sortes de dérives côtoient les plus sages, continuellement et sans limite, notamment sur Twitter. 

En somme, ce besoin d’anonymat, ou de minimiser les informations sur son identité, est une forme de précaution. A l'image d'un grand manteau gris, des chaussures ordinaires, et une sacoche bien camouflée… Ce masque bariolé de Noms parfois imprononçables, serait l’équivalent  d’une tenue tellement loufoque qu'elle repousserait inconsciemment les autres... Des allures travaillées que l’on pourrait porter quand on va se promener dans un quartier où l’on risquerait de se faire agressé...

Quant aux personnes décidées de façon déterminée à laisser jaillir toute leur haine, derrière des déguisements grossiers, seraient donc ces fameux « voyous » que l’on n’aime pas croiser le soir sur le trottoir…


Pour toutes ces conclusions - que je me suis faites avec mon propre regard - je soutiens plus que jamais que les réseaux sociaux sont bien le reflet du monde, où l’on se bouscule, avec politesse, mais aussi avec maladresse, mais heureusement, le plus souvent sera tout de même avec une belle allégresse… dans un petit espace qui n'appartient qu'à nous...

Par Amina LB
Lily Allen - Somewhere only we know !