samedi 21 décembre 2013

Les Anges croquent du chocolat...




Les Anges croquent du chocolat...

      Je n’aime pas les amandes enrobées de chocolat avec de la poudre de cacao dessus. Je n’aime pas les fondues de chocolat avec des fruits. Je n’aime pas mélanger les sorbets avec de la glace au chocolat…

Je dois surement faire partie de ceux qui savent apprécier le chocolat... Le must noir. Mais aussi le praliné, à la pâte d’amande, ou de pistache. En palet fin, à la ganache noire, ferme et fondante. Au lait ou à la crème. Jamais blanc, ou très rarement en petite touche. Avec de la gelée de groseille, ou en cerises griottes au Rhum. A la nougatine, ou au fondant de sucre glacé. En orangettes bien sûr. En gâteau compact, crémeux, ou mousseux. En éclair ou en religieuse. En opéra ou en marbré. En barre dans un pain au chocolat bien feuilleté au beurre. Ou tout simplement dans un bon morceau de pain frais. C’est surement ce dernier que je préfère.

Et d’ailleurs, en poussant mon caddie pour faire mes courses de Noël, j’ai décidé d’opter pour la simplicité. Pour la table, il n’y a rein de meilleur que les bonnes choses authentiques et sans sophistications. Le reste n’est que fantaisie. 

Ce fut-là mon plaisir de ramener cette fête sacrée à l’essentiel. Probablement cette atmosphère de crise globale qui ne donne guère envie de  faire des folies dans ses assiettes. Je fais (hélas) partie, là encore, de ceux qui pensent à ceux qui ne peuvent  - malgré eux - apprécier le chocolat, ou toute autre gourmandise… même le jour de Noël.

J’envie parfois celles qui « narguent » le monde en conduisant leur Chevrolet, en passant les fêtes sous les tropiques, avec diamants et froufrous de soie, sans la moindre gêne, et sans scrupules. Celles qui doivent et savent se dire : « moi j’ai réussi donc j’en profite ! ». Car à mon simple niveau, moi, j’angoisse. Mon estomac me brule et mon esprit se perd dans la  tourmente, à l’idée qu’il y ait tant et tant de souffrance sur cette terre. Cela me rend triste, et plus particulièrement en ces jours de fêtes. C’est dans ces instants (un peu plus que d'habitude) que je me tourne vers le ciel pour quémander de la grâce. En me demandant (si à tout hasard) Dieu, les Anges, ou même les Astres, et bien entendu tous les Saints, pouvaient faire quelque chose pour atténuer les souffrances humaines…

Pourtant, malgré ce désarroi qui me ronge, et compte tenu de mon impuissance, je m’oblige à chasser cette mélancolie, ou culpabilité, car je me dois de donner des moments de bonheur à mes proches, de partager ces instants uniques qu’offrent ces fêtes, en créant toute la magie nécessaire, avec simplicité et amour.

Aujourd’hui, tous ces inconnus que j’ai croisés afférés à remplir leurs sacs, étaient là pour les mêmes raisons que moi. Beaucoup vivent ces fêtes depuis plusieurs décennies. Et chaque année pourtant, ils recommencent de la même façon. Le poids et le respect des traditions, et la motivation que donne l’euphorie par le monde entier, influent probablement sur le maintien de cette ferveur de la quête du bonheur, et c’est tant mieux. Cependant, leurs visages me paraissaient gris, leurs cheveux étaient blancs malgré leur teinture, leur dents étaient comme jaunies par le temps. Leurs vêtements étaient poussiéreux, leurs regards étaient vides. Ils formaient comme une masse terne. Était-ce là des gens heureux ? En principe. Mais, au-delà de cette sphère - aussi morose soit-elle -  je repense sans cesse à l'autre souffrance. Une autre. Plus rude. Celle de ceux qui ne peuvent s’offrir la magie de ces instants. Tous ceux qui vivent dans la marginalité. Dans la terreur. Dans la misère. Dans la souffrance absolue. Dans la violence. Dans la violence du monde, ou de la vie. De leur triste vie.

En observant ces confiseries étalées par centaines, je me suis imaginé qu’en mettant bout à bout toutes ces buches de Noël, industrielles ou artisanales, cacaotées ou vanillées, nous pourrions probablement entourer toute la terre. Tout comme en mettant bout à bout toutes les misères de ce monde, nous pourrions certainement enrober entièrement toute notre planète. Elle en serait comme un bonbon de chocolat, bien lisse, brillante, et croquante ! Cela ferait visuellement un beau dessert. Merveilleusement dressé sur une nappe chocolatée,  avec de beaux gâteaux bien montés. Est-ce cela donc le rôle de la misère ? Une partie nécessaire, qui formerait un socle pour porter le décor de ce monde, et qui sans elle il n’en serait pas un… ? 
Je le conteste… !

Par Amina LB


Joyeux Noël

lundi 9 décembre 2013

Silence... On tourne !




« Il n’y a que dans l’action, que la vie prend tout son sens ». 

Tourne sur toi-même.

Danse, et grimpe en rond sur les marches.

Attention, ne tombe pas !

Accroche-toi là et puis là.

Surtout ne te détournes pas, ne t’arrêtes pas de tourner, et tourne pour avancer. 

Si tu trébuches fais une cabriole !

Retourne-toi dans le sens inverse, mais ne dévies pas, ne baisse pas les yeux, relève la tête, discrètement, comme l’aiguille des heures.

Roule sur toi-même, et autour des autres si tu les aimes, mais ne t’effondre pas, évite les nœuds qui peuvent t’empêcher d’avancer, rien ne peut les défaire, car avec tu devras mal tourner.

Comme un boulet tu les auras, et tourner tu oublieras, et avancer tu renonceras.

Alors tourne, tourne, sans te retourner, juste pour avancer droit tout en rond, de ronds en ronds devant toi.

Tourne, vas-y ne regarde pas derrière toi.

Contente-toi de tourner en avant, de cercles en cercles que tu dessines, sans jamais avoir le vertige, en tournant dans le vide, sans jamais savoir où tu vas.

Tourne vite et parfois lentement, mais tourne, tourne, pour chasser le mal, et guetter le bien.

N’oublies pas de flanquer en clin d’œil l’air qui te fais vivre, celui qui t’étouffe quand tu tournes et que tu tournes, en rond, en cercles, droit, et en zigzag, sans jamais saisir ce que tu cherches.


Alors tourne, tourne, et surtout ne t’arrête pas.
Pour attraper le bonheur au vol, quand tu lèves les bras ! 

Par Amina LB