vendredi 27 septembre 2013

L'apparence, trompeuse ou pas ?







          Nous vivons dans un monde, où à priori, la "forme" (l'apparence) des individus a une importance quasi égale, voire supérieure à celle du "fond" (qualités intrinsèques). Et il semblerait qu’il en ait toujours été ainsi...

Les modes vestimentaires ont toujours été imposés par des courants. Les ancêtres des bureaux de styles étaient les régnants de l'état, tels les Rois et les Reines, qui donnaient le ton de l’allure, et du détail au costume, pour être imités par leur cour. Ils furent ensuite remplacés jusqu’à nos jours, par les Chefs d’Etats et les icônes du cinéma, ou autres vedettes du showbiz, qui orientent, souvent involontairement, les courants de la mode. De Marie-Antoinette à Jacky Kennedy, en passant par Michael Jackson et Madonna, ou encore La Princesse Lady Di, etc… un grand nombre de styles ont été inspirés par ces personnages hors-normes et charismatiques, pour être ensuite adaptés au grand public, via le prêt-à-porter, dans toutes les marques, haut, moyen, et bas de gamme. Inspirée par cette multitude de sources de la société, la mode vestimentaire dépasserait notre apparence, et se juxtaposerait à nos goûts musicaux, culturels, et idéologiques de manière générale.

Dans les années 60, et le fameux mai 68, « la Rue » a pris un poids considérable dans le paysage « régnant ». Elle imposera entre autres, le style « baba cool », et le pantalon pour les filles. Les blousons noirs, les Rappeurs, et autres « rebelles » (Punks, Rockers, Grunges, Gotiques…) héritent de cette tendance venue de la rue, des squares ou des banlieues, en créant des looks déjantés, provocateurs, inscrits dans le répertoire du mode « bad boys ».

Tous ces styles qui se confrontent dans la société, forment au final, des codes vestimentaires (relatifs à toutes les époques et dans toutes les cultures) qui indiquent un message : "montre-moi ton look et je te dirai qui tu es". La définition, l’apriori, et même la stigmatisation des genres, se fera ainsi, systématiquement dès les premières secondes de la visualisation d’un  individu, par les biais des vêtements qu’il porte, des accessoires (chaussures, bijoux, cravate, boucles d’oreilles, chaussettes, tatouages, foulard…), de sa gestuelle (démarche, attitude, mimiques…), de sa mise en beauté (coiffure, maquillage, épilation, manucure…) et pour finir, de son accent et sa manière de parler (le phrasé avec un écho snob, voyou, paysan, branché, neutre, local...). L’individu va donc marquer volontairement ou involontairement son appartenance à un groupe social, pour affirmer (sans le dire) ce qu’il est, ce qu’il pense, ce qu’il écoute comme musique, ce qu’il fréquente comme lieux, ce qu’il conduit comme voiture (ou autre moyen de transport…) via sa tenue et son allure globale.

Un homme vêtu d’un jean troué et d’un gilet sans manches, tatoué sur les bras, s'exprimant avec nonchalance, portant un piercing aux sourcils et mâchant un chewing-gum, est difficilement imaginé par notre esprit comme étant un employé de banque, par contre nous pourrions supposer instinctivement qu'il pourrait être photographe ou musicien, pour autant, s’il se met à s'exprimer avec des mots savants et philosophiques, alors nous l'imaginerions écrivain ou professeur, et s’il entonne un langage trop basique avec des manières maladroites, nous l'associerons à un univers social défavorisé, etc. Par conséquent, et même si l'on dit que  « l'habit ne fait pas le moine », notre image est quelque peu révélatrice de notre état, un état que nous devons sans cesse partager avec les autres.

Tous ces éléments – look vestimentaire, gestuelle, façon de parler, accessoires, et mise en beauté - constituent l'image que nous véhiculons, une image codifiée par les stéréotypes existant, et décryptée par ceux qui nous observent. C'est ce que l’on nomme "L'Image Personnelle". Et d'ailleurs, bon nombre de personnes recherchent à améliorer leur image, car c’est la part la plus intime, la plus proche du moi profond, et paradoxalement la plus exposée ; par conséquent il nous parait primordial de la réveiller et de l’entretenir.
Souvent, bien qu’ayant une personnalité bien trempée, des goûts très affirmés, et une appartenance à un groupe bien établie, nous ne sommes pas conduits inéluctablement à arborer une image clairement optimisée. L’individu se perd souvent dans les codes qu’il est censé maitriser, à cause de la multitude d’éléments qui entrent en jeu lors de la construction de son apparence. Il faut rappeler que nous traversons plusieurs étapes, avant de nous forger une identité affinée. Il y a d’abord l’enfance, qui forme en quelque sorte le plateau de notre apparence, soit car elle apporte en elle l’éducation et le milieu familial duquel nous sommes issus. Puis arrive l’adolescence, avec son lot de découvertes et de styles plus ou moins branchés, ou pas. Et enfin, l’âge adulte et son environnement professionnel, intellectuel, et social, qui va finaliser le dernier coup de crayon de l’image que l’on reflète. Dans ce millefeuille de circonstances : famille + goûts + environnement + personnalité, l’individu peut parfois s’égarer dans les choix de son style. L’influence extérieure, des personnes qu'il côtoie quotidiennement, d’un environnement socio-professionnel marqué, mais aussi le manque de temps pour s’occuper de soi, et le manque d’intérêt pour l’image qu'il reflète, suffisent pour qu'un individu se retrouve désaxé de son véritable style, et donc de son image. Bien qu’il parait primordial d’arborer une apparence en concordance avec notre environnement, et particulièrement dans le milieu professionnel, ou social de façon générale, nous nous devons de respecter aussi nos goûts les plus profonds, et le caractère de notre personnalité, parfois enfouie et difficilement extirpable…

Dans ce type de situations très fréquentes de nos jours, le Conseil en Image Personnelle trouve toute sa place. Car contrairement à l’ancien temps, où les armoires ne comptaient que peu de vêtements, et où les styles (appartenance à un groupe social) étaient définis de façon naturelle, aujourd’hui l’individu se perd aussi dans la suractivité de son quotidien, ou au contraire par le repli sur soi, dans la surcharge de communication à travers l’image, et dans la multiplicité des genres et des styles, d'où des armoires souvent pleines à craquer, mais qui n'offrent aucune satisfaction à la personne qui tente d'en faire sortir un look acceptable...

Un professionnel qui arriverait à mettre en relief toutes les caractéristiques qui définissent l'apparence d'une personne, en la guidant dans ses propres choix révélés, pour lui actionner une image en harmonie avec ce qu’elle est réellement, ce qu’elle aime, ce qui lui va, et où elle se trouve, rétablirait l’axe de la bonne image que cette personne devrait donner aux autres, mais aussi celle qu'elle devra donner à elle-même.
Et ainsi donc, l'apparence ne serait pas trompeuse, à moins que...



Par Amina LB